Somme

 

Construit dans les années 70 à la périphérie de la ville, cerné par un échangeur, le «Somme», s’est récemment vidé de ses occupants. Quelques semaines auparavant, on pouvait voir jouer les enfants devant les cages d’escalier, les mères de famille rentrer du marché avec leurs cabas plein...

Cette évidence de sa disparition prochaine m’obsédait. J’avais du mal à imaginer la destruction de ce bâti qui accueilli tant de familles et tant d’histoire de vie... comme si, avec la disparition de ce lieu, ces vies elles-mêmes allaient se dissoudre.

J’ai voulu en garder la mémoire, repérer les derniers témoignages de ce qu’avait été la vie dans ces lieux privés. Explorer, fouiller les dernières traces de ces quotidiens déplacés....

Ces objets abandonnés et ces aménagements intérieurs révèlent une présence humaine inscrite dans l’architecture, témoignent de conditions de vie sociale et culturelle.

Je me suis interrogé sur mon propre regard; il me semble qu’en photographiant ces lieux de vie, j’ai voulu réintégrer une part d’humanité dans cette architecture collective, anonyme et stigmatisante, témoigner de cette absence/présence, perceptible au fil de détails infimes qui constituent une présence «en creux» de ces vies inconnues

© 2009 Olivier Rovere