Fleurs sauvages

 

©2008 Olivier Rovere

A la périphérie ou au coeur des villes... dans les espaces retirés des jardins publics... aux limites des quartiers résidentiels ou près des gares... dans les lieux désaffectés: entrepôts, usines... en toute saison, à la tombée de la nuit comme au grand jour nous pouvons entre apercevoir des hommes, des femmes qui se croisent, échangent un signe, un mot... se suivent et disparaissent.

J’ai toujours été frappé du fait que la sexualité, par définition de l’ordre de l’intime, trouve ici une expression dans l’espace public.

J’ai choisi de m’intéresser aux traces de ces jouissances fugaces, assumées ou honteuses, gratuites ou payantes, à travers leurs résidus : préservatifs, empreintes de pas, mouchoirs...Ces territoires de sexualité questionnent le rapports de l’intime et de l’extime, de l’espace public et privé, de la sexualité légitime et illégitime...

Ces lieux de l’homosexualité masculine, ces territoires de la prostitution interrogent la place accordée à la sexualité dans la ville. Identifiés publiquement, circonscrits dans l’espace urbain, se déplaçant, ne sont-ils pas devenus consubstantiels à l’urbanité ?

Dans cette première partie de mon travail, je me suis intéressé aux lieux de rencontre dans les parcs et jardins publics ; lieux d’agrément, de rupture avec les références urbaines, espaces de transition entre la ville et une nature recréée. Dédiés aux promenades familiales, aux activités sportives, espaces de socialisation, ces parcs et jardins sont devenus aussi le théâtre d’ébats sexuels. J’ai souhaité donner à ces images un aspect bucolique, comme une version nouvelle des amours champêtres, associer cette sexualité, souvent exempte d’amour, fugitive et dissimulée, à une nature sauvage et contrainte par l’urbanisme de nos villes.