Fabrique des désirs

 

Aujourd’hui omniprésents dans les espaces urbains, ils envahissent peu à peu le paysage rural. Sous des formes multiples, les panneaux publicitaires affichent quotidiennement les nouveaux mirages d’un bonheur consumériste, nous éloignent de plus en plus de la réalité pour mieux nous attirer dans le piège d’un univers de besoins factices dont la frustration est la principale expression.

Nouvelle fabrique des désirs, le panneau publicitaire célèbre le culte de l’argent comme source du bonheur, accentue le décalage toujours croissant entre les plus précaires et les plus riches. 

A travers ce travail, réalisé en 2009, j’ai voulu rendre compte de cette «pollution» de notre espace public et mental, en montrer l’aspect dévorant, dévitalisant...

Il me fallait rendre ces panneaux d’affichage neutres, leur ôter leur fonction première pour mieux en révéler l’existence, mettre en tension leur esthétique et celle de leur lieu d’implantation. J’ai donc pris le parti de les photographier de dos. Dans cette dialectique, je tente de révéler ces interstices où s’immisce l’idéologie publicitaire : prendre possession de l’esprit et de l’inconscient du consommateur potentiel.

Le panneau d’affichage se révèle outil de contrôle qui influence la vie culturelle, sociale et politique dans le seul but de satisfaire à la loi du libéralisme économique.

« Si la société de consommation ne produit plus de mythe, c’est qu’elle est elle même son propre mythe. À un Diable qui apportait l’Or et la Richesse (au prix de l’âme) s’est substituée l’Abondance pure et simple. Et au pacte avec le Diable le contrat d’Abondance», écrivait Baudrillard.

© 2009 Olivier Rovere