Champs-Contrechamps

 

Lens, Pas-de-Calais

Ce travail, réalisé en 2011, explore la limite, la frontière entre l’espace urbain et l’espace rural à travers les voies de communication qui les parcourent. Il ne s’agit pas des infrastructures pensées par les urbanistes, mais au contraire des chemins informels façonnés spontanément par les habitants et dont les tracés sont le reflet des relations humaines instaurées entre les résidents d’un même territoire.

Depuis la fin des année 60, le processus de développement des villes s’inscrit dans une dynamique d’étalement qui se traduit par une certaine uniformisation du paysage. L’émergence de ces nouvelles cités ou quartiers est accompagné de l’apparition de nouvelles zones d’activités économiques ou industrielles. Ces nouvelles constructions suivent une organisation spatiale spécifique rappelant une forme de standardisation de nos modes de vie. Grignotant peu à peu l’espace rural, elles apparaissent à la périphérie de la ville  constituant un ensemble de formes urbaines, de paysages remodelés, de modes d’organisation, de principes d’aménagement et de modes de vie.

La naissance de ces chemins non prévus sur les plans d’aménagement participe à une revitalisation et un renouveau de l’espace périurbain. Les territoires circonscrits par ces lieux de déplacement réunissent les notions d’espace social et d’espace vécu. Ces itinéraires du quotidien, correspondant bien souvent à des raccourcis, produisent des espaces géographiques, qui déclinent un langage symbolique et anthropologique de l’espace conduisant vers la définition d’un territoire et de la territorialité.

A travers ces images de villes du Nord Pas de Calais et de Picardie,  j’ai explorer la frontière de ces mobilités pour rendre compte de cette porosité entre l’espace rural et l’espace périurbain, définir cette zone tampon qui permet de passer de l’un à l’autre.